CAFÉ NOIR ET BLANC DE L’OEIL
Devant les simagrées muets
De l’ennemi mutuellement potentiel
Au pied du courant de son cœur c’est
Café noir ou blanc d’oeil
Concis baisers dans le cou
Je me rabats le taquet en quatre
Dans le genre de préférence serviable
Plus j’avance dans son maquis, je témoigne
Une fracture globale un millimètre à la fois
Moins j’en réchappe aux échardes
Des morceaux incongrus surfacent
Comme une tornade elle cherche le mer
Après sa ration inéluctable
De destruction salvatrice
Plus elle enchère en rafales
Moins je ne baisse les bras
Plus ça se corse pour ce matelot
Preuve irréfutable dépourvue de filet
Malgré mes cicatrices d’intimité
Je me coltine des frais
Devant les simagrées aigus
De l’ennemi potentiel
Au premier matin sans morsures
De notre expédition punitive.
OTAGE DE POÈME
Alors que le jour tourmente
Pardonnez-moi ma faute de pouvoir
Impossible de ménager la matière
Une majorité des otages vont crever
Le long rouillé d’une route à l’écart
J’enterre pêlemêle les indisciplinés
De leur propre insignifiance
Je les renvoie comme ils sont venus
Les vides la recherche de contenu
Les yeux vissés vers le haut
Les convaincus durs comme fer
De la vertu innocente et amplement répandue
Des numéros trop souvent perdants
Ne m’en voulez pas trop, rien de personnel
Je suis un poète, je lance des mots
Vers le fond d’un puits magique
À première vue sans fond
Une crevasse miraculeuse dans la page
Vers la source des grappes d’écho
Au rassemblement de signal
Un félin a ralenti dans les sphères
Quand vos pensées lui parviendront
On croira sans nul doute
Au déraillement d’un train
À perte de firmament
Dans le soir byzantin.
PASSÉ DÉCOMPOSÉ
À l’ombre des indomptables flocons
Recouvrant lentement mais surement
Le dépotoir de mes souvenirs
Je m’habitue tragiquement
À la séduction qui décape
Aux slogans à la mode qui fond
Comme un trou noir de la pensée
Dans mes idées qui vagabondent
Mais qui toujours respirent
Occupant une bonne partie
Nerveuse aux orifices frisés
De l’essentiel à la différence
Dans mon journal de traverse
Depuis d’imbuvables semaines
Freiné par ma sentence compulsive
Toute ma vie passe
En revue les flashes
Du passé décomposé
Qui traverse l’écran
Loin du champ des applications
Pendant la nuit séculaire
Lorsque la terreur immobile
Résiste sans ses gros canons.
MILLE SOUPIRS
Si les regrets se dilatent
Lorsqu’ils défroissent mes pupilles
Comme les draps étales
D’une année sans septembre
C’est que je m’acclimate
Au fulgurant désir d’exister
Peut-être même de vivre
À la vitesse de continuer
Ne serait-ce que sans maintenant
Marchant sur les braises
De mon abominable passé
Je songe à la vitesse
Du marathon que le temps
Pendant qu’il me dévalise
En souvenirs précieux
Dévale telle une pente raide
Aux voies savonneuses sans issue
Je rêvasse en douce de danger
De reflets ensoleillant mes illusions
Les jambes un peu gauches
De légers renflements inconséquents
Pour le reste de ma vie
Je descends une côte bordée de remords
À pas accélérés, titubant
Je me hâte vers la porte
De la mascarade qu’un passeport
Arrachera à l’arbre tel un fruit.
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