Sans Heurt

Au zéro d’équilibre du désir en péril

Derrière l’étroite cloison

Tête en bas sur la bascule

Je m’absous de ma rémanence

La scène à la renverse sur la balance

Entre l’erreur de la solitude

Et l’impunité de l’invention

Je trouve sans cesse à redire l’abîme

Le trou tellurique que perce mon monde

Quand je le déchire pour l’écrire

Incapable de ressaisir le fil

Ma fragilité à son égard bafoue

Le temps à jamais fout le camp

Colocataire de tous les manquements

Je redistribue les vestiges de l’esprit

Redoublant la teneur de l’abandon

Pour cause mes doigts se coincent

Entre les lèvres d’une fente

A travers laquelle la clarté pénètre

Tranchant l’épaisse fumée

Par la porte entrouverte j’aperçois

L’objet de ma métamorphose.

Extrait LES ALENTOURS

1997, Écrits des Forges

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