DIFFÉRENCE UNIQUE
L’unique différence est notoire
Entre l’ardent poète des débuts
Tout amouraché que j’étais
À l’idée d’écrire aux puces
Il y a de cela ce soir
Trente années bien sonnées
Que je rage, que je m’engage
Inconnu, seul contre tout
Dans la nuit noire d’encre
C’est que dépourvu à jamais
D’une illusion peuplée aux promesses
J’écrirai ici le prochain vers
Comme s’il s’agissait du dernier
À la différence près, je signe
Au sang de mes veines
Chaque nouvelle entreprise
D’échapper à l’abattement
Pour recruter une idée
À laquelle, longtemps, je pourrai
Faire parfaitement confiance
Il me suffit de la relaxer dans la nature
Qu’elle s’envole vers les sphères supérieures.
L’ICI MAINTENANT
Alors jusqu’à présent, si
Jusqu’ici vous m’avez suivi<!–[if supportFields]> LASTSAVEDBY <![endif]–><!–[if supportFields]><![endif]–>
C’est que nous sommes
Ensembles main dans la main
Sur la pointe de l’iceberg
Sur la glace que le soleil escamote
Ecartelés tel un manque de ressources
Attaquant au territoire
Au plus mat que blanc
De la chair tendre de la page
J’y tatoue ma crevaison
Élue par l’ombrage
Avec des cornes sur le scan.
L’AMOUR À LA BAGUETTE
Si l’amour comme le sexe
Se basait sur la performance
J’en connais quelques uns
Qui ne baisseraient plus
Les bras armés d’une braguette
Au prix de la fausse indifférence
Qu’inspirent les gestes dénudés
Par les demandes sans offres
De pleines pages seraient
En formation à long terme
En tête de peloton
L’entretien des militants
Tels des pavés dans la mare
Leurs conseils pour l’avenir
Évacueraient le débat
Sur la question de la curiosité
Jouant le rôle de détective
Dans l’ironie devenue provocante
Aucune permission au sujet
Ne permettrait de sondage.
FAUX DOCUMENTS
Mais si l’affection comme le sexe
Se parachevait dans un lit déconcerté
Ce serait ligoté au sommier
Que j’accompagnerais la négligence
De mes amours de traverse
Rudes comme une pente aride
Pour les genoux les moins fragiles
LE SPECTRE DES DISPARUS
À chaque pas du casse-tête
Les cas se succèdent
Sans connecter les points
Sur le sentier de la correction
Clamant des appels obscènes
Tendus comme des pièges
La chasse à l’aveuglette
En pleine mouvance des heures
Sur le principe d’égalité
Nous sommes d’accord
Avec les refus d’obtempérer
Présentés sous forme de mémoire
Selon les normes
Des folles recommandations
C’est chacun pour soi
Avec les nerfs en charpie
Sur les niveaux brinquebalants
D’une échelle à la suivante
Pour les comptes à découdre
Avec l’autoportrait grisonnant
Nous tomberons des nues
Sur la pâle route du retour
Comme des propres à rien
Entre les cordes de pluie
SOUMISSION
Alors que le matin craque
Dans sa sécheresse d’aube
Où les traces de substances
Se juxtaposent parfaitement
Aux motifs du solo de saxo
Quand tout est perdu
À quoi bon la réalité.
SANS AUCUN DOUTE
En fuite de sommeil
Par substances interposées
Nu sous les aiguilles
De la plus tendue vérité
La prophétie sans-abri
Nourrit son propre malheur
Sur le seuil vile
D’indécisions prêtes à bondir
Pour en mettre plein la vue
Toute discrétion assurée
Dans la chatoyante lueur
De l’inconnu vertigineux.
guimond – oct.07 – Montréal
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