Si j’écrivais

Si j’écrivais des rayons au soleil
Ce serait les passages de clarté
Quand des nuages s’amusent
Avec les contrôles du ciel

Si je gravais la grisaille
De la pluie sans répit
Pour faire se rencontrer
Nos vifs contrastes

Si je traçais mon nom
Dans le sable de ta peau
Vers l’heure du couchant
Dans le vent des palmiers

Si je scriptais les étoiles
Dans la nuit de ton corps
Telle une page toujours blanche
Dans un journal de voyage

Je laisserais le point s’interroger
De notre manque à gagner
Pour rejoindre nos baggages
Oubliés sur le quai.


Sur tes Doigts

C’est cloué à l’autel
De ton coeur ensanglanté
Que je rime avec le miel
Coulant sur tes doigts
Quand ta douleur me broie

Une main sur la bouche
Je m’empêche de dire
Ces mots qui te sauveraient
De l’horreur à nos portes
Sans effort et sans heurt

Je te quitte sur le seuil
D’une dernière attaque
Aux obscurs remous
Qui refluent du présent
Pour nous anéantir
Une heure à la fois.

Sous un Toit

Dans cette ville sous un toit
J’étais je suis-je serai
Déchiré à toutes pelletées
Éprouvé à grandes brassées
Controuvé vers l’épuisement
Pour me faire perdre mon temps

Dans cette ville sous un toit
J’étais je suis-je serai
Enserclé de tous côtés
Poursuivi par une armée
À genoux dans le gros trafic
Démis de tout mon fric

Dans cette ville sous un toit
J’étais je suis-je serai
Inspiré à tout casser
Affranchi à la vérité
Rongé comme une croute
Avec le cœur en doute

Dans cette ville sous un toit
J’étais je suis je serai
Obligé de m’en foutre
Escaladé tel une poutre
Accroché à un nœud croulant
Ou cloué à un fauteuil roulant.

Rapelle-Moi

Si tu as rechuté à fond
Dans la poudre
de perlimpimpim
Et que tu ne sais plus
Vers quel saint te tourner
Si ta caisse te lâche
Entre deux feux
Rapelle-moi

Si ton copain
T’oblige à avorter
Que ta piaule a flambé
Si tu vois aussi
La zone totale
Et l’insanité globale
De ce qui se trame
Rappele-moi

Si tu manques de thunes
Pour régler la facture
Que ton mec
T’a servi une sale fracture
Si tu veux juste discutter
Rappele-moi.

Sous Contrôle

Je m’étais levé avant l’aube

Et sirottais un café

En scannant les courriels

Dans ma boîte à déceptions

Israel avait attaqué l’Iran

Et le nuage radiocatif

Nous atteindrait vers midi

L’armée chinoise avait repris

Son droit sur les États-Désunis

On disait que Obama

Avait été  pendu

La tête en bas

Pour remettre les choses

Bon sens à l »endroit

Le KKK allumait des feux

Aux montagnes de dollars caduc

Pendant ce temps-là

La reine d’Anglevers

Promettait au Kanakaka

Que tout était sous contrôle

Et nous demandait

De nous faire vacciner en masse

Contre la fièvre du scélérat.

Montrer au Doigt

Impossible de revenir

Sur mes pas solo

Nous sautons dans le tas

Aveuglés par la voie

Qui hurle une lumière crue

Pour nous estourbir

Entre les passages à niveau

Les passages à tabac

Les sourires naifs

Et les cuisses ruisselantes

De la sagesse de l’Univers

Accroupi devant

La Très Sainte Sophia

Mère miséricordieuse

De tous les manquements

Je glisse une main

Sous ses jupes

En lui tenant les poignets

Elle qui m’a si souvent

Ri au nez

En me montrant du doigt.

Sous Serment

Au fleuve dressé

Pour terminer la croix

Dans la terre assassine

Je souffle mon serment


Dans la cendre rouge

Des années qui s’effritent

Telles les larmes en rengaine

Mes armes se désistent


À l’appel déchiffrant

Nos ultimes inconséquences

Tant de vagues

Se heurtent


Le temps presse

Comme un citron

Son suc tanné

Sur ma blessure fraîche.

L’Impensable

Nous irons au bois
D’une manière ou d’une autre
Soit à ras les paquerettes
Soit la tête sous l’herbe

Tu me tiendras la main
Quand les robots
Télédébarqueront
Pour violer notre contrat
Avec la lumière pure
Qui traverse les couronnes

À cet instant
Entre tes cuisses
Je boirai le suc
De ton âme
Avant de me laisser
Décapiter
Vers le retour
À ma source
Pour faire bonne mesure
Dans l’impensable


Qui pourtant

Frappe à nos portes.

Erreur de Calcul


Pourvu que cela dure

Dans ce rêve émerveillé

Je respire et j’expirerai

C’est confirmé par les Experts

Comme une pomme pourrie

Ayant roullé sous un lit

Dans la lente décomposition

De sa chaire putréfiée

Mais c’est Vendredi

Et les Experts le confirment

Je respire encore

Chaque seconde est un miracle

Qui m’entraine vers

Un nouveau round

De la guerre des nerfs

En combat extrême

Contre mes derniers neurones

Dans la rue je marche

En provoquant les voitures

Torréant avec la vis

Qui me serre à mon casque

Pour oublier que je suis sale

Que je suis seul

Et que je pue entre les lignes

En attendant le débarquement

Je regarde les micros

Au plafond des stations de métro

Je vois de faux sans-abris

Déclencher les feux de signalisation

Je me laisse suivre à la trace

Par la puce sur ma carte

Je m’éloigne du Centre

En attendant l’implosion

Une oreille contre le carrelage

J’écoutte la détonation

Le claquement des bottes

Avant-coureur du débarquement

Avec un sourire jaune

Au nord de mon corps

Qui se regénère

Alors que pourtant

J’affiche mon demi-siècle

De quête de Vérité

De celle qui ne se dit pas toute

Quand on nous inflige les vaccins

Destinés à stériliser nos fils

Je regarde les avions

Nous asperger de métaux légers

Et je hurle dans mon portable

Que l’on vienne me décimer

Pendant ce temps-là

Les robots informatiques

Du Ministère de la Défonce

Analysent mon cas

Des envoyés musclés

Passent leurs temps

Sous ma fenêtre

Partout ou je vais

Ils sont déjà rendus

Et je ne m’en fais plus

Pour les puces RFID

Qu’ils glissent dans mes vêtements

J’attends que Radio_Kanakaka

Me berce de nouvelles illusions

Que les marionettes au pouvoir

Cette mascarade pour les branchés médias

Reçcoivent l’ordre de leur boss

L’O.N.U. sans chair et sans os

De nous exterminer en masse et en saison

Car la chasse à l’humanité est ouverte

La Guerre Totale contre

Tout ce qui réfléchit

Ha bon, c’est ça la Vie!!!

Égal à Égo

Je déshabille son égo
Derrière la petite école
Je l’examine à blanc
Un millimètre à la fois
Retraçant ses hauts
Vers une chute de reins
Alambiquée de surcroit
Au calcul algébrique
Se superposent des maux
Je renonce à ma trique
Pour transmuter ma Foi
En un revers de futur
Qui s’il se manifeste
C’est qu’il sera
En définitive
Hautement confondant.

Repens-toi

Quand ils ont clamé :

Repens, repens-toi,

Je me demande ce qu’on comprenait,

Quand ils ont crié :

Repens, repens-toi,

Je me demande ce qu’on entendait,

Quand ils ont hurlé :

Repens, mais reprends-toi,

Je me demande ce qu’on espérait.

Quand ils ont balbutié :

Pardonne, pardonne-toi,

Pardon d’avoir cru,

Pardon d’avoir douté,

Je me demande ce qu’on saisissait.

Quand ils ont susurré :

Remets, remets-toi,

Remets ton collier,

Remets ta vie en laisse,

Je me demande ce qu’on percevait.

Quand ils ont chuchoté :

Permets, permets-toi,

Permets-toi le noir,

Permets-toi le blanc,

Je me demande à quoi l’on pensait.

Quand ils ont braillé :

Excuse, excuse-toi,

Excuse-toi pour tes fautes,

Excuse aussi celles des autres,

Je me demande ce qu’on écoutait.

Quand ils ont chanté :

Refais, refais-toi,

Refais-toi un jour,

Refais-toi une nuit,

Je me demande ce qu’on imaginait.

Quand ils ont bramé :

Repens, repens-toi,

Je me demande ce qu’on retardait.

Quand ils ont beuglé :

Repens, repens-toi,

Je me demande ce qu’on prévoyait.

Quand ils ont rugi :

Repens, mais reprends-toi,

Je me demande ce qu’on attendait.

Je te Salue Marie

Comme une lune de miel

Qui ne finit plus d’être

Je me tourne vers le ciel

Pour mesurer mes mètres


Dans un débordement lyrique

Je cire mes vers si charmants

À la santé pourtant atypique

De l’avenir qui sera contondant


À la vérité je déchante

Dans ma solitude pathétique

Pour m’initier au vent qui vente

Fort dans ma Tour poétique


Je suis souvent ému

À l’idée de l’amour qui dure

Malgré les mains tordues

Dans le four de mon armure.

Pas la Peine qui Manque

C’est pas la peine
Pas la peine qui manque
À insuffler aux vertiges
Que je m’inflige
Pour que l’on m’aime
Un peu quand même
Pas la peine
D’en remettre sur le feu
De mes lamentations

C’est pas la peine
Pas la peine qui manque
Aux dimanches sans cloches
Des hôtels d’infortune
À la déprime funeste
D’une semaine morte
Pas la peine
D’en écrire l’épitaphe
Sur la pierre de ma porte

C’est pas la peine
Pas la peine qui manque
À nos caresses d’automates
Gercées sur tes lèvres
Tel le placebo inculte
De notre lutte en larmes
Pas la peine
De s’embrasser au revoir
Mégot écrasé sur le trottoir

C’est pas la peine
Pas la peine qui manque
Dans la mêlée qui hurle
Sur des rêves en pleurs
Aux réservoirs qui brûlent
Les dernières filles en fleur

Au Bord du Gouffre

AU BORD DE L’AMOUR

Comme il ne me reste que l’Amour

Je m’agenouille au bord de ma déroute

Devant la pancarte au sens interdit

Viens donc jusqu’ici me retrouver

Comme si mon seul unique combat

Se cristallisait soudain tel qu’on se déboute

D’ un mirage cruel doux mais aveuglant

Une image de toi qui me lâche

Le courroux trouble invivable

D’un chauffard ivre et enragé

Qui pense à moi dans le tournant

De la fin de sa dernière chance

Fracassant un mur de soutènement

….

Comme il ne me reste que l’Amour

Qui souffle à en perdre haleine

C’est avec les yeux bandés

Et le cœur désormais en laisse

Que je nage la pénultième brasse

Dans une mare infestée de requins

Déguisés en béquilles inertes

Que vais-je faire de toutes ces dents

Appuyées à mon vieux corps doré

De souffrir et sourire encore

Malgré le poids de ma courte chaine

Si tu partais pendant mon sommeil

Ce serait toi de partie quand même

Comme il ne me reste que l’Amour

Dans ce désespoir intangible

De m’en sortir tout rond

Avec un gram de peau

Agrafée à l’affiche déchirée

Qui me caresse les os

Ne te fatigue pas de moi

De mes oublis et de mes absences

Il faut bien que je cherche

Dans le dédalle de mes souvenirs

Pour toutes les années à l’égout

Que je me suis perdues

Pour terminer par me retrouver

Dans notre décor à huis clos

Comme il ne me reste que l’Amour

Avant le coup qui ira loin du mur

Celui de la dernière manche

Que frapperait le ciel flamboyant

Du jour incendiaire qui se prépare

À céder pour tout nous dire

Dans un champ couleur de blé

Pour les années qui restent

Du ce corps à cœur déçu

Au beau milieu d’un carrefour

Où ma place est réservée

Mon siège depuis toujours prépayé

Comme il ne me reste que l’Amour

Tous deux seuls dans les rues

Nous traversons la nuit

De nos infinies insomnies

Nous suicidons nos idées noires

Par une solide solitude partagée

Remplie des gerbes de nos passés

Mes promesses de linceuls

Arpentent ensemble les trottoirs

Comme il ne me reste que l’Amour

Alors que soudain le soleil luit

Accoudé au bar de la fin de l’espoir

Je vois dans tes gestes

Que tu penses encore à lui

Mes ailes se rétractent soudain

Dans la cage de mon piège

Je mets les mains dans les poches

Et mes yeux te caressent longuement

Alors que je souris en fermant les yeux

Pendant que c’est à lui que tu crois

Je songe à tous les mots injustes

Que je ne te dirai pas

Comme il ne me reste que l’Amour

Je songe à toutes celles

Dont parfois encore je me souviens

Qui sont venues pour traverser

Sans jamais plus se retourner

Et avant qu’il ne soit trop tard

Je pense à tes longs doigts si fins

Traversant ta chevelure de cuivre

Dans la pénombre à demi-nue

Mon cœur bat fort de chagrin

Cela suffit à me rendre heureux

Cette image incitant l’aventure

Alors que je cherchais quelqu’un

Qui voulait me souffrir pour toujours

Combien de Temps

Las et fatigué de gueuler
Crevé comme un tympan
Devant un boom sonique
Que personne ne perçoit
Car cela nuit au luxe
Du silence de sourd
Imposé et maintenu
Comme statu quo
De victimes en crise
De bourreaux

Pas un pour sauver l’autre
Alors que tout
Fout le camp
Et que le ravin
Juste sous nos pieds
Prend des airs de vacances
Tranché telle jugulaire
Dans le sang
Qui coagule
À mes lèvres

Écoeuré d’entendre parler
Que de Téléinfirmerie E.T.
Alors que les molécules
De nos êtres se désagrègent
Abattu par le trou
D’une nonchalance
Si programmée depuis l’enfance
Que seula la fiction
Du confort stérile
Et tellement superficiel
Ne tient lieu de réalité

Dégoutté de voir
Personne réagir
Devant le génocide
Auto-proclâmé
De toute valeur humaine
Vide de larmes
Devant le journal
Des atrocités commises
Contre de l’Air

Écrasé par l’ignorance
De notre propre sens
Pourtant rempli
Des caresses de l’esprit
Qui coule de la Création
Tourneboulé par la peur
De faire face
À son propre miroir
Comme si cela était
Au-dessus de nos forces
De se responsabiliser
Intégralement
Et de remettre les horloges
À l’heure du renouveau
Par la fracture totale
Irrémédiable
Et sans conditions

Je ne crois pas au monde
Ni à votre humanité
Telle qu’elle se déploie
Toute carences et déni
Confondus

Tout étant tellement différent
Depuis que je sais savoir
Que je me tue à vous le secouer
Dans le crâne
Incapable de se resaisir
Devant sa propre débilité
Sa paresse devenue congénitale
Son refus de marcher debout
Telle une pensée qui se pense

Seul hélas et à jamais
Dans mes retranchements
Sur la seule voie
Qui reste possible
Devant le réel
Et son impossibilité
Technique
Je sais pourtant
Que je suis…

Plus on découvre, plus on réalise que tout ce que nous pensons, est soit complètement faux, ou manipulé, ou une désinformation. Cette condition existe que l’on parle de chemin spirituel, des mythes de l’histoire, jusqu’aux nouvelles de jour, et à beaucoup d’idées qui sont acceptées par le savoir scientifique. Nous vivons dans une réalité virtuelle de préconceptions, d’assomptions, de clichés, de stéréotypes, d’habitudes et de réponses mécaniques.
- Henri See